31.07.2006
RENE MAGRITTE

L'Esprit de géométrie (1937)
Gouache sur papier (56 x46)
Tableau insolite et inquiétant à la fois.
Un éclairage intéressant sur "l'esprit de géométrie" est donné dans les commentaires ci-dessous. Personnellement, je ne vois pas le rapport avec ce tableau. Magritte cultivait aussi l'art du déroutement.
07:33 Écrit par François Collette dans Magritte | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : art, 1937, magritte |
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Commentaires
Esprit de géométrie ou de finesse
Bonjour,
Heureux de vous découvrir.
Surpris que Magritte ait reprit ce trait pascalien : Blaise Pascal estimait que l'esprit de géométrie était cette capacité raisonnante et précise. Il y opposait l'esprit de finesse : l'intuition humaine.
Dans les années 1950, les psychologues américains Fink et Marshall firent la même distinction : l'esprit de géométrie devint une particularité de l'hémisphère cérébral gauche. Tandis qu'au droit revenait l'activité artistique, sentimentale, intuitive.
Bien à vous,
Écrit par : Lionel | 31.07.2006
Répondre à ce commentaire-> Lionel Merci pour cet éclairage que je répercute dans ma note.
Écrit par : François | 01.08.2006
Répondre à ce commentaireMagritte le dérouteur
Peut-être le peintre a-t-il voulu montrer l'absurdité (le renversement des valeurs, du bon sens, des rôles, des visages) d'une trop grande valorisation de l'esprit de géométrie ? Son époque est celle de l'hypertechnique et du privilège donné aux constructions, aux ingénieries [*], au calcul. Evacuant, du coup, la composante humaine, la subjectivité, les sentiments. Mis à part les futuristes, les artistes ont toujours parlé del'homme comme départ et comme destination de l'art. L'homme libre et sentimental.
.
L'on sait par ailleurs que les surréalistes voulaient réhabiliter l'homme qui rêve, cet homme naturel que la dictature de l'esprit de gémoétrie comprime.
Angle à creuser...
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[*] ' Le Nord a développé à outrance un mode de pensée fondé sur le calcul, la technique, la quantitté. ' Edgar Morin
Écrit par : Lionel | 01.08.2006
Répondre à ce commentaireLe dérouteur, suite
Par ailleurs, cette maternité ressemble aux maternités mettant en scène Jésus et Marie, bref à ce qui fonde (en partie) l'art occidental et ses valeurs culturelles. Habillés façon XXe, ses personnages pourraient dire : Nous sommes une Maternité (pivot occidental), mais à l'envers. Nous incarnons la survalorisation de la pensée raisonnante par rapport à la sensibilité artistique naturelle. L'Occident vire au tout-intellect.
Bien à vous, François - Au plaisir,
Écrit par : Lionel | 01.08.2006
Répondre à ce commentairefemme -enfant curieusement ce tableau me fait sourire, je n'y vois rien de grave, mais l'amour ou le désir pour une femme -enfant, à chacun son imaginaire...
Écrit par : double je | 01.08.2006
Répondre à ce commentaire-> Lionel et Double Je -> Lionel :
Que de savants propos ! Il est vrai que Magritte se prête à ce genre de réflexion.
Revenez souvent car vos éclairages m'intértessent beaucoup.
-> Double Je :
Pourquoi pas, tout compte fait. La Georgette de Magritte n'était toutefois pas une femme-enfant.
Merci à tous les deux.
Écrit par : François | 02.08.2006
Répondre à ce commentairebonjours !Helps mi !!! Histoire des arts
Écrit par : Lalie | 26.11.2010
Répondre à ce commentaireCes commentaires sont ingénieux, mais tombent à côté de la plaque. Magritte donnait en effet systématiquement à ses tableaux- à part quelques exceptions (exemple : "Les rêveries du promeneur solitaire" qui montre ...un promeneur solitaire ou "La mémoire", qui montre une femme dont le visage saigne ) - des noms n'ayant aucun rapport avec le sujet représenté. Il y avait même des concours entre ses amis et lui pour trouver le nom le plus extravagant... C'est l'un des côtés un peu irritants pour certains de Magritte, et en même temps, l'avantage est que si l'on ne connaît pas le titre d'une de ses œuvres, ça n'a guère d'importance !
Écrit par : Emmenuel KARLIN | 05.11.2011
Répondre à ce commentaireMerci pour cet éclairage. Mieux vaut d'ailleurs un titre extravagant qui ajoute du mystère qu'un titre banal ou formaté "numéro de série".
Écrit par : François Collette | 05.11.2011
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