21.06.2006
PAUL CEZANNE

Louis-Auguste Cézanne (1866)
Huile sur toile (199 x 119)
Pour clôturer cette sélection, une oeuvre de jeunesse : le portrait quasi grandeur nature du père que Paul Cézanne a peint alors qu'il avait 27 ans. Il y explore son rapport affectif avec celui-ci qui voulait en faire un banquier. Peinture énergique et rigide, voire austère. Pour l'anecdote, le journal "L'Evénement" est un clin d'oeil à Emile Zola, l'ami d'enfance qui le soutint dans sa volonté de poursuivre des études artistiques.
Observez la perspective penchée vers l'avant ainsi que la position inconfortable et figée de l'homme sur le bord du fauteuil. Certains y voient un symbole d'immobilisme et de non-accomplissement. A vous de juger.
21:21 Écrit par François Collette dans Cézanne | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : art, 1866, cézanne |
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Commentaires
Comparaison Cette toile témoigne peut-être de la rigidité du père . On sait qu'il n'encourageait pas son fils dans la voie artitstique, d'ou le coté statique , figé.
Quelle différence avec la très belle toile des "grands arbres". Lumineuse, mobile.
Écrit par : line | 22.06.2006
Répondre à ce commentaireLine Tout à fait d'accord avec votre interprétation..
J'ai consulté votre site que je trouve très chouette. Vous avez beaucoup de talent. Je vais l'inscrire dans mes liens.
A bientôt.
Écrit par : François | 22.06.2006
Répondre à ce commentaireEt si tout simplement ceux qui pensent que le Portrait de Gertrude Stein peint en 1906 serait le premier tableau cubiste de Picasso (avant les Demoiselles d'Avignon de 1907) s'étaient trompés...
Ce qui admirable ici, c'est que l'on distingue parfaitement le flanc du fauteuil (flanc droit) d'un coté, et le coté opposé du père (flanc gauche). Nous sommes donc déjà dans une représentation multidirectionnelle cubiste.
En autre le bras gauche du père permet un passage du noir venu du fond (et du haut) vers le bas du fauteuil (en bas et à gauche du tableau).
Je ne saisi pas ce qu'est une perspective vers l'avant d'autant que Cézanne ne se sert des perspectives que pour ses besoins d'obliques. Les perspectives étant davantage données par les valeurs et les couleurs jouant à merveille de l'avancé des claires retenues en permanence par le recul des froides (le pantalon bleu par exemple). Si les maladresses des détails dans une oeuvre de jeunesse sont encore visibles, les influences de chacun des éléments les uns sur les autres (formes, couleurs...) ainsi que la notion de plan (perspectives des valeurs, des couleurs et linéaires) sont déjà très affirmés.
Cézanne n'aura de cesse d'effacer l'image au profit d'une construction, faisant apparaître ainsi le véritable langage d'une peinture débarrassée enfin du joug du sujet (et donc du sens) que seuls les commanditaires de chaque époque ont toujours imposés à la peinture.
Il serait d'ailleurs intéressant de comparer avec notre époque et son fameux goût pour le sens de l'art...
Écrit par : Jean-Yves PINET | 09.12.2008
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