15/09/2005

FRANCIS BACON


 
 
 
 
 
Autre étude de portrait de John Edwards (1988).


 
 
 
 
 
 
 


L'écriture de Samuel Bechett a été comparée par certains à la vision picturale de Bacon :

 

“ Le visage reçoit encore les derniers rayons. Sans rien perdre de sa pâleur. Sa froideur. Tangent à l’horizon le soleil suspend sa chute le temps de cette image. C’est-à-dire la terre sa culbute. Les minces lèvres semblent ne plus jamais devoir se desserrer. Mal rentré sous leur suture un soupçon de pulpe. Théâtre peu probable jadis de baisers donnés et reçus. Ou donnés seulement. Ou reçus seulement. A retenir surtout l’infime retroussé des commissures. Sourire ? Est-ce possible ? Ombre d’un ancien sourire souri enfin une fois pour toutes. Telle la bouche mal entrevue aux derniers rayons qui  soudain la quitte. Plutôt qu’elle quitte elle. Repartie pour le noir où sourire toujours. Si de sourire il s’agit. ”

 
Mal vu mal dit, Éditions de Minuit, 1981.

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